The cure for boredom is curiosity. There is no cure for curiosity

jeudi 20 mars 2008

une étiquette pour un tiroir de préjugés


On parlait récemment de ne pas mettre d'étiquettes sur les gens; on évoquait la profession dans le post Vaut-il mieux avoir de la chance plutôt que du talent? (le titre a d'abord été en version affirmative mais ça donnait l'impression d'une conclusion préalable).
Ce post évoquait l'existentialisme et la part de déterminisme dans le choix de l'emploi, auxquels s'ajoutent la chance et la contingente conjoncture (le hasard des circonstances). Aux commentaires des habitués a succédé un débat sur la citation de Woody Allen qui servait de titre : "Dans la vie il vaut mieux avoir de la chance que du talent". On peut reprocher à cette phrase son cynisme : elle exprime abruptement une idée qui va contre la morale. Un commentateur sociophile a crié au scandale d'une négation de l'intouchable déterminisme (c'est à dire ce qui nous détermine hors de nous : notre sexe, notre culture, notre environnement etc. La sociologie parle de déterminisme social, c'est à dire la reproduction sociale résumée par "Un fils de médecin a plus de chance de devenir médecin qu'un fils d'ouvrier") alors que ce n'était pas précisemment ce dont débattait l'affirmation de W. Allen.
Il faut prendre cette citation dans son aspect provocateur; le cynisme choque le sentiment moral pour provoquer une réflexion, ici sur l'injustice de ce monde qui ne récompense pas nécessairement au mérite. L'expression "on récolte ce qu'on sème" est vrai dans le sens de "100% des gagnants ont tenté leur chance." Mais même la nature nous enseigne que pour une raison x ou y (intempéries, invasion d'insectes), il est possible de ne pas récolter ce qu'on a semé.
Il faut observer les phénomènes naturels (et leur équivalent philosophique) par delà le bien et le mal, sans jugement moral puisque la nature est amorale (elle ne connaît pas le sens du juste); quand l'homme peut être immoral (agir contre le sens moral alors qu'on a une conscience).
De là à l'interpréter comme une négation des acquis de la sociologie, à l'instar de JD-le sociophile, ce serait extrapoler : déterminisme et contingence chanceuse et malchanceuse cohabitent avec la volonté et la liberté, ça paraît antinomique autant que le monde est contradictoire.
Et vous, quels types d'étiquettes souhaiteriez-vous décoller ?

13 commentaires:

fanette a dit…

Pffou... Au final, je suis d'accord avec toi mais je trouve que ça fait beaucoup de débats...

fanette a dit…

Tu ne te prendrais pas un peu trop la tête? Il y a une ombre de malveillance ici, je ne comprends pas tout. Envoie au diable les importuns !!!

Une Princesse... a dit…

La première des étiquettes est certainement le regard que l'on peut poser sur quelqu'un en le jugeant sur son parcours, ses connaissances ou encore sa vie (et le milieu d'où il vient), le regard de l'incompréhension envers la différence, le regard du complexe ou du rejet, basé sur la vision inculquée par la société, non réflexif.

Je t'embrasse (la citation de Woody Allen m'a beaucoup amusée, particulièrement réflexive en effet, certaines réactions peuvent être surprenantes, révélatrices)

grenadine a dit…

fanette : c'est vrai que j'ai un goût prononcé pour le débat; ça peut effectivement paraître de trop à certains, mais ça constitue nos différences.

re-fanette : peut-être que certaines de mes réflexions sont inutiles, je te l'accorde.
Le terme de malveillance est tout à fait à propos concernant l'anonyme qui précédait ton commentaire... comme disait Nicolas du blog hérésies, les trolls (toujours anonymes)rappellent les délateurs de la seconde guerre mondiale, il reste chez certains des traces de ce courage des faibles!
Ce qui anime ces importuns les "envoie au diable" d'eux-mêmes, j'en suis convaincue.

une princesse : j'aime beaucoup ce que tu viens de dire, souhaitons que l'anonyme prenne exemple sur ce type de tolérance pour que son incompréhension face à la différence ne l'enferme pas dans une volonté de nuire, qui lui nuit à lui avant tout.

élise a dit…

j'arrive trop tard pour lire le message anonyme mais je suis étonnée que ce que tu écrives provoque des réactions malveillantes.
C'était quelqu'un qui ne voulait pas qu'on décolle les étiquettes?
Ne t'en fais pas : on est plus nombreux à penser comme toi!

sandra a dit…

je ne sais pas de quelle malveillance on parle mais je trouve que tu ne la mérites pas, ma grenadine.
J'espère que les importuns ne vont pas te dissuader d'écrire ton blog.
Tu as des lecteurs plus ouverts qu'eux.

grenadine a dit…

élise : il se peut que le troll ait fait partie de ma vie réelle, le message trahissait le ton d'un éconduit. merci de chercher à me rassurer!

sandra : merci. ne t'inquiète pas pour le blog, je ne suis pas une petite chose fragile.
Les propos malveillants peuvent ne pas faire de victimes quand ils sont pris à leur juste mesure.

Nicolas a dit…

Le type d'étiquette que je cherche à enlever, c'est - 30%.

Et la phrase de Woody Allen a du vrai : nous connaissons des gens talentueux qui rament et des gens qui le sont beaucoup moins à qui tout semble réussir. Le travail et la volonté comptent pour beaucoup, mais ne font pas tout.

grenadine a dit…

nicolas : ah ah! je reconnais bien là ton ton. Bien vu!
Cette citation m'a marquée parce qu'elle est à la fois choquante et vraie...

Nicolas a dit…

Enlever les étiquettes ne doit pas signifier écouter quelqu'un comme si l'on ne connaissait rien de lui. Connaître la personne permet de resituer son propos dans quelque chose de plus général. Un peu l'idée de l'existentialisme : par mon parcours, je construis un chemin. Il doit exister une certaine cohérence dans mes choix. Par conséquent, sans enfermer la personne, sans l'empêcher de se renouveler, on doit référer ses actes et ses paroles à son itinéraire.
T'en penses quoi ?

grenadine a dit…

nicolas : le problème des étiquettes c'est que ce sont des idées arrêtées. Je suis d'accord sur le fait que les actes s'inscrivent dans un parcours et que l'interprétation de l'autre se fait à travers cette globalité.

grosse bourse a dit…

Oui, la probabilité que quelqu'un réussisse sa vie n'est absolument pas la même suivant son apparence et son éducation. Je te réponds aussi directement car à vrai dire j'ai déjà réfléchi la dessus et j'ai écrit deux babioles, que tu peux voir ici:

http://lopezjeremie.blogspot.com/2009/03/la-beaute-contre-la-laideur.html

N'hésite pas à laisser ton avis, j'en serais ravi :D !(mais c'est un sujet très interessant oui oui!)

7d488b40-64aa-11e0-a4dc-000bcdcb2996 a dit…

robes de demoiselle dhonneur
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